La nouvelle synagogue Etz Haim
Par le comité, lundi 12 février 2007 à 06:50 :: historique :: #21 :: rss
La Communauté ayant pris possession de ses
nouveaux locaux, le 14 novembre 1999, nous tenons à exprimer dans ces colonnes
la continuité logique entre les membres actifs de la kehila
vis à vis de la rénovation des institutions et l'engagement initial des membres
fondateurs.
Passage de la rue Kageneck à la rue de Turenne
La communauté orthodoxe de
Strasbourg existe depuis près de cent-vingt ans.
Après maintes péripéties et la création d'un Talmud Torah, le premier minyan fut célébré Shabath Hanouka 1882.
chez M. Bernard WEILL à la maison.
Après plusieurs stations, c'est
dans la rue Kageneck que fut construite à la fin du
19ème siècle une synagogue desservant cette ancienne communauté. Un mikvé y a été également installé en 1917. Cette synagogue a
été la seule qui ait survécu à la deuxième guerre mondiale. Cependant, le
quartier de la gare dans lequel cette synagogue se trouvait a connu, depuis
quelques trente ans, un changement profond, et les Juifs s'en sont retirés.
Pour cette raison en particulier, la communauté Etz-Haïm
a connu de nombreuses difficultés depuis quelques années, son minyan allant en régression.
Les
responsables de la communauté se sont trouvés placés devant une grande question
: conserver des murs, devenus de plus en plus abandonnés, pour des raisons de
nostalgie, ou construire ailleurs ?
En 1997, sous l'impulsion d'un
comité dynamique, Messieurs Simon EHRENREICH et Yehochoua
KLEIN ont émis l'idée d'un déménagement de la synagogue pour des raisons
évidentes de minyan et de proximité. Avec l'appui du Rav Shmouel SCHLESINGER shlit"a et de M. Roger GAY, président de
A l'heure actuelle, tout est en
place : le mikvé est ouvert et attire un public de
tous bords de plus en plus important, la synagogue, avec ses activités,
accueille de plus en plus de personnes, et le pari semble être bien réussi ! Kageneck – ou plutôt Turenne à présent – a repris son
souffle.
C'est donc
une visite des lieux que nous vous proposons d'effectuer.
Le mikvé (bain rituel)
Le mikvé est situé dans les sous-sols de l'immeuble. C'est
peut-être la partie la plus importante des services que la communauté propose
aujourd'hui au public : un mikvé qui est sans doute
le plus moderne d'Europe et des plus cachers qui
soient !
L'originalité halakhique du
présent mikvé réside dans le fait que son
approvisionnement en eau est pris de la nappe phréatique. En effet, une immense
nappe d'eau, forte de milliards de mètres cubes, s'étend sur une largeur de
quelques
Outre cet approvisionnement, un
autre bassin permet de recueillir de l'eau de pluie et de le mettre en contact
également avec le bassin utilisé comme mikvé
proprement dit.
Ceci concerne l'aspect
technique de cette installation. Sur le plan "confort et bien-être",
ce mikvé est parfaitement remarquable : cinq salles
d'eau ultra modernes permettent aux dames de se préparer à l'immersion, sans
parler d'une salle d'attente et d'un accueil des plus chaleureux. Notons la
présence de deux baignoires avec balnéothérapie, un pèse-personne et un
tensiomètre électronique ainsi que divers parfums à disposition. La règle
suivie est que les femmes ne doivent rien apporter comme accessoires de
toilette, mais tout est fourni sur place. Ceci, pour des raisons de discrétion
inhérentes à ce genre de lieu, est un point important. Le fait est que de
nombreuses dames de la ville fréquentent ce lieu.
La responsable du mikvé a déjà eu l'occasion de rencontrer des réactions
surprenantes, telle cette dame, accompagnant sa fille avant son mariage,
pleurant devant le fait qu'elle ignorait tout de l'existence d'une telle
obligation – pourtant tellement essentielle dans le judaïsme. Mais, lui a-t-on
expliqué sur place, tout est encore possible…
Le fait qu'un tel établissement
soit d'une telle propreté et d'une telle beauté est d'une importance capitale.
Avant de quitter le sous-sol,
une visite du mikvé pour homme s'impose : il est bien
entendu d'un format inférieur, et ne comporte qu'une seule salle. A
l'extérieur, un bassin indépendant permet le trempage rituel des ustensiles. Ce
dernier bassin est ouvert tous les jours de la semaine, du matin au soir.
Le mikvé
n'est qu'un service annexe à une communauté, mais pour Etz-Haïm,
cette réalisation fait partie de l'un des éléments essentiels de son devoir
envers la communauté juive locale de Strasbourg, il est l'un des buts de la
synagogue
Les
salles d'étude et de prière
Au rez-de-chaussée – nous avons
monté d'un étage –, le beith hamidrash
est composée de deux salles. On y prie en semaine et plusieurs cours y ont
lieu, ainsi que les kidoush. Quant aux Shabathoth et aux offices spéciaux, ils ont lieu dans la
grande synagogue située au premier étage.
Centralité
de la nouvelle synagogue
Il
faut expliquer aux lecteurs ne connaissant pas la topographie locale que la rue
de Turenne est en fait située au "centre" de la ville : pour diverses
raisons, la communauté juive de la ville a de plus en plus tendance à se
regrouper dans ce quartier, en particulier parce que la "grande
synagogue" de Strasbourg, ainsi que
C'est donc en plein centre
névralgique de la communauté juive que Etz-Haïm s'est
installée. La question de savoir si un tel choix était intelligent ne se pose
cependant plus : le fait est que de plus en plus de personnes viennent prier et
étudier dans ce nouveau lieu ! Comme dans toute chose, c'est au contraire le
fait qu'il y ait du choix qui permet à tous de se développer. En tout cas,
c'est bien vérifié dans le cas de cette communauté.
Les critiques, acerbes au
départ, se sont calmés, et les anciens de la communauté, fortement blessés par
l'abandon de la vieille rue Kageneck, admettent que
le transfert avait quelque chose de positif. Par contre le Kahalragzen
est toujours là (le râleur public, inhérent à chaque communauté).
Puis des cours de qualité
exceptionnels ont lieu tout au long de la semaine pour tous les publics : par
exemple, le rav Schlesinger
donne un cours en français le Shabath après-midi sur
les Pirké Avoth, auquel
participent plus d'une centaine de personnes.
'Erouv 'hatséroth
Ou encore le fait, fort
remarqué, qu'à l'inauguration de la synagogue des sidourim
de rite séfarade ont été introduits… Cela n'avait pas
été le cas auparavant, et cette marque de respect d'autrui correspond bien à
une nouvelle conception.
Mais cela ne signifie pas que
les traditions de la synagogue ont été abandonnées : bien entendu, la
communauté Etz-Haïm respecte avec une grande ferveur
la tradition alsacienne qui est la sienne.
La communauté effectue une fois
par an la mise en place du "'Erouv 'hatséroth" pour les habitants de la ville qui portent
le Shabath. Quelques mots d'explication : à
Strasbourg, depuis des dizaines d'années, un 'érouv
permettant de porter le Shabath en ville a été
organisé. Il repose essentiellement sur des talus de chemin de fer et sur les
fleuves entourant la ville. N'entrons pas ici dans le débat concernant la
possibilité d'effectuer ce genre de procédures hala'hiques,
mais le fait est qu'une partie des Juifs de la ville se repose sur le 'erouv de la communauté orthodoxe de Strasbourg. Or, pour
permettre de porter, il faut que soit déposé un pain central appartenant à tous
les Juifs de la ville. Chaque année, le rabbin fabrique une matsa,
plus importante que les autres, comprenant un trou en son centre, qui est
déposé dans la synagogue et qui est destinée à cet effet.
De
plus, c'est la seule synagogue qui officie Yom Kipour Kotone deux fois par an, veille
du mois de eloul et du mois de nissan.
Mesures de
modernisation
D'autres mesures de
modernisation ont été prises. En particulier, le cimetière de la communauté,
qui est également indépendant, a fait l'objet d'un travail de saisie
informatisée, permettant de connaître l'emplacement de toutes les tombes.
Bien entendu, les finances de
la communauté reposent sur les cotisations des membres essentiellement, mais
une dernière initiative originale a été prise : la salle du rez-de-chausée
et du premier étage peuvent servir de salle polyvalente, et des fêtes de
famille y sont organisées.
Quant au premier étage, il est
occupé par la grande salle de prière. Une bonne centaine de personnes peuvent y
prier. A l'étage d'au-dessus, la classique galerie des
dames suit les règles de la halakha de la meilleure des manières, tout en
permettant aux dames de suivre les offices sans aucun problème.
C'est donc une communauté
florissante qui se présente à vos yeux. Espérons qu'elle réussira à se
développer de la manière dont elle semble là avoir recommencé.
Commentaires
1. Le samedi 13 octobre 2007 à 17:58, par RGuillaume51
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